QUEL REGARD PORTES-TU SUR LES AUTRES ?

QUEL REGARD PORTES-TU SUR LES AUTRES ?

Matthieu 6.22-23

L'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé. Mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres.

Jésus nous dit quelque chose de particulièrement intéressant dans ce texte : l'œil est la lampe du corps.

La question que l'on pourrait se poser est la suivante : avons-nous déjà pris le temps de comprendre ce qu'il voulait réellement dire ?

J'ai souvent interprété cette parole comme une invitation à faire attention à ce que nous regardons, aux images que nous laissons entrer dans notre esprit et qui nourrissent notre âme.

Et pourtant, lorsque nous regardons le contexte biblique et la culture de l'époque, nous découvrons une dimension beaucoup plus profonde.

Et si Jésus parlait aussi de notre manière de regarder les autres ?

Faisons un petit retour en arrière. Dans la culture ancienne, avoir un bon œil ou un mauvais œil était une expression qui pouvait désigner notre disposition intérieure : la générosité ou l'avarice, la bienveillance ou la jalousie, la capacité de partager ou la tendance à retenir les choses.

Dans Deutéronome 15.9, Dieu avertit son peuple de ne pas avoir un mauvais regard envers son frère pauvre, au point de lui refuser son aide. À l'inverse, Proverbes 22.9 déclare que celui qui a un œil bienveillant sera béni, parce qu'il donne de son pain aux pauvres.

Et c'est là que nous pouvons comprendre la différence et ce que Jésus voulait nous enseigner.

Notre regard révèle parfois davantage l'état de notre cœur que la situation que l'on observe.

Regardons maintenant Matthieu 6. Jésus commence par parler des trésors que nous accumulons, puis il déclare :  Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.  Ensuite, il parle de l'œil, avant de terminer par cette déclaration : Vous ne pouvez pas servir deux maîtres : Dieu ou Mammon.

Ce n'est pas un changement de sujet. Jésus nous révèle une progression : ce qui possède ton cœur influence ta manière de voir, et ce qui influence ta manière de voir finit par influencer ta manière de vivre.

Mais il y a un autre passage qui m'interpelle particulièrement.

Dans Matthieu 20.15, Jésus raconte l'histoire des ouvriers de la dernière heure. Un propriétaire décide de donner le même salaire à ceux qui ont travaillé toute la journée et à ceux qui n'ont travaillé qu'une heure.

Les premiers commencent à murmurer. Ils ne supportent pas que les autres reçoivent autant qu'eux.

Et voici la réponse du propriétaire :

Ne m'est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu d'un mauvais œil que je sois bon ?

C'est remarquable ! Jésus utilise ici la même expression que dans Matthieu 6 : le mauvais œil.

Autrement dit, ces ouvriers avaient tellement laissé la comparaison et la jalousie envahir leur cœur qu'ils n'arrivaient même plus à se réjouir de la bonté manifestée envers quelqu'un d'autre.

Ils avaient reçu ce qui leur avait été promis. Pourtant, ils étaient devenus malheureux en voyant les autres être bénis.

La comparaison peut te faire perdre la joie de ce que tu as reçu, simplement parce que quelqu'un d'autre a reçu quelque chose. 

Et si nous étions parfois comme ces ouvriers ?

-        Sommes-nous capables de nous réjouir sincèrement lorsque Dieu bénit quelqu'un d'autre ?

-        Ou avons-nous besoin que la bénédiction passe d'abord par nous pour pouvoir nous réjouir ?

-        Est-ce que la réussite de notre frère devient une source de joie ou une occasion de comparaison ?

-        Est-ce que nous voyons une personne dans le besoin comme une occasion de manifester l'amour de Dieu, ou comme quelque chose qui risque de nous coûter ?

Voilà pourquoi Jésus dit que l'œil est la lampe du corps. Notre disposition intérieure influence notre perception. Deux personnes peuvent regarder exactement la même situation et pourtant ne pas voir la même chose.

L'une voit une occasion de bénir, l'autre une perte potentielle. L'une se réjouit de la grâce accordée à son prochain, l'autre se demande pourquoi ce n'est pas elle qui reçoit.

Et le danger est encore plus grand lorsque nous ne nous rendons même plus compte que notre regard est devenu mauvais.

Nous pouvons appeler prudence ce qui est de l'avarice, justice ce qui est de la jalousie et protection ce qui est de l'égoïsme.

C'est là que Jésus nous met en garde :  Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !

Le plus grand danger n'est pas toujours de marcher dans les ténèbres, mais de ne plus reconnaître que nous y sommes.

Jésus termine ce passage en parlant de Mammon. Il ne dit pas que posséder de l'argent est mauvais. Il nous avertit contre le danger de devenir esclaves de ce que nous possédons.

Car lorsque l'argent, la possession ou notre intérêt personnel gouvernent notre cœur, nous finissons par regarder toute chose à travers ce prisme.

Mais lorsque Dieu gouverne notre cœur, notre regard change. Nous apprenons à voir les autres avec davantage de générosité, de bienveillance et d'amour.

Alors, prends un instant pour examiner ton regard.

-        Peux-tu te réjouir lorsque Dieu fait du bien aux autres ?

-        Peux-tu donner sans toujours calculer ce que tu vas perdre ?

-        Peux-tu célébrer la grâce accordée à quelqu'un d'autre sans te demander pourquoi ce n'est pas toi ? 

Ne laisse pas la comparaison obscurcir ta vision. Ne laisse pas la jalousie voler ta joie. Ne laisse pas l'attachement à ce que tu possèdes t'empêcher de voir ce que tu pourrais donner.

Car au fond, la question n'est peut-être pas seulement ce que tu regardes, mais avec quel cœur tu regardes.

Un cœur rempli de lumière ne cherche pas seulement à recevoir la bonté de Dieu. Il apprend aussi à se réjouir lorsqu'elle se manifeste dans la vie des autres.

Ne laisse jamais ton cœur s'habituer à recevoir la bonté de Dieu au point d'oublier de la manifester aux autres.

Ma prière : Seigneur Jésus, sonde mon cœur, travaille-le et garde-le de tout endurcissement. Apprends-moi à regarder les autres avec tes yeux, à me réjouir de leur bénédiction et à garder un cœur généreux, capable de donner sans retenir.

Car je ne veux pas seulement être éclairé par ta lumière, je veux que ma vie devienne une lumière qui éclaire et bénit les autres !

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